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Cannabis y sexo: Todo lo que necesitas saber. Entrevista a Ashley Manta

On a à faire à Ashley Manta, créatrice de Cannasex: une philosophe de vie, une façon de connecter cannabis et sexe au profit de notre santé et bien-être. Cette coach de plaisir et de communication est une rescapée de l’agression sexuelle. À partir de son histoire personnelle, elle crée ce projet qui a une forte composante activiste.

Laura Rueda: Sexe et cannabis... Quand est-ce que tu découvres que cette combinaison est parfaite et que les deux peuvent être entre eux de bons alliés ? 

Ashley Manta: Les gens ont mélangé le sexe et le cannabis depuis beaucoup plus longtemps que je suis en vie, c’est pour ça que je n’oserais pas dire que j’ai inventé quelque chose. Lorsque j’ai déménagé de la Pennsylvanie à la Californie en 2013, je me suis rendue compte que cette affaire allait beaucoup plus loin que le fait d’allumer un joint et de sauter dans le lit. J’ai découvert la grande quantité de produits disponibles, élaborés à base d’huile, qui s’appliquent localement et sont conçus spécialement pour augmenter le plaisir et diminuer l’inconfort chez les personnes avec vulve/vagin. Pour moi, ça a été le grand changement dans le jeu.

Je suis une rescapée de l’agression sexuelle et j’ai vécu la douleur avec la pénétration pendant longtemps, jusqu’à que je commence à utiliser l’huile de cannabis sur mes parties génitales. À ce moment-là, je me suis rendue compte que l’on avait besoin de conversations dirigées par des personnes comme moi, qui étudient la sexualité de façon professionnelle : éducatrices sexuelles et coachs. Comme ça on garantit que l’information diffusée est précise, sans faire honte et ayant comme référence le plaisir de façon positive.

L.R: Malheureusement, sexe et cannabis continuent à être tabous dans notre société. Tu crois que nos vies seraient meilleures si l’on profitait pleinement de quelque chose d’aussi naturel pour l’être humain que le sexe et de quelque chose que donne la nature comme le cannabis ?

A.M: À beaucoup de gens, on a inculqué la honte et la peur autour de leur corps, aussi bien sexuellement que par le fait d’utiliser la médecine naturelle pour nourrir leurs corps et améliorer leur état émotionnel. Si l’on pouvait se libérer de la honte avec laquelle on est socialisés, on serait plus heureux et plus authentiques. La honte prospère en silence, c’est pour ça qu’une partie de mon objectif est de faire sortir de l’ombre ces thèmes.

On n’a pas tous besoin de relations sexuelles, beaucoup de gens sont asexuels ou célibataires par choix personnel, mais ils doivent être libres de choisir ce qu’ils sentent être le mieux pour eux. Il se passe la même chose avec le cannabis. Tout le monde n’a pas besoin de l’utiliser, mais c’est important de savoir que c’est une option et de pouvoir la choisir sans se sentir coupable ou honteux de "ce ce que signifie" être un consommateur de cannabis.

L.R: Ton travail est orienté sur le fait d’aider des couples dans leur intimité… Comment tu décrirais ton projet Cannasexual ?

A.M: Cannasexual a l’intention d’être une philosophie, comme un paradigme. La valeur principale est de combiner consciemment le sexe et le cannabis, il s’agit donc de créer une conscience et de diffuser l’information, pour que les personnes puissent prendre les meilleures décisions pour leurs corps et leurs situations. N’importe qui peut fumer un joint et avoir des relations sexuelles, ils n’ont pas besoin de moi pour ça. Mon but est d’apprendre aux gens comment le faire avec l’intention de maximiser l’efficience et l’efficacité.

L.R: Je suis très intéressée par comment, en ce moment, le cannabis fonctionne comme un élément d’empowerment des femmes. On en a des exemples dans tous les pays. Aux Etats-Unis, je citerais les "Hermanas del Valle"(Sœurs de la Vallée), à Cheryl Shuman ou à toi-même, Ashley Manta. Qu’est ce que tu penses du cannabis comme élément renforçant le pouvoir et féministe ?

A.M: Je crois que le cannabis est un thème important de justice sociale. Aux États-Unis, les personnes de couleur sont arrêtées et emprisonnées de façon disproportionnée pour des délits liés au cannabis tandis que les blancs, grâce à leurs privilèges, font l’objet d’un taux beaucoup moins élevé. Il y a, dans l’industrie du cannabis, une grande quantité de gens blancs riches, surtout des hommes, qui deviennent de plus en plus riches tandis que les personnes de couleur vont en prison.

Il y a beaucoup de femmes de couleur incroyables qui préparent le terrain pour faire que l’industrie soit moins dominée par des hommes blancs et c’est un travail féministe important. Une partie de l’empowerment et le féminisme défient les structures du pouvoir existantes et créaient des opportunités pour les personnes traditionnellement marginalisées. Faire entendre les voix des personnes de couleur est le plus féministe que n’importe qui parmi nous puisse faire. Des organisations comme Supernova Women, Asian Americans for Cannabis Education et Minority Cannabis Business Association sont en train de faire un travail important et puissant. Et j’espère que plus de personnes les connaissent et les soutiennent pour continuer à avancer. (Vous pouvez en lire davantage ici).

L.R: Comment est-ce que tu aides les femmes à améliorer leur santé grâce au cannabis et au sexe ?

A.M: Quand les femmes viennent me voir en quête d’une orientation, il y a plusieurs préoccupations communes : un manque de confiance en son propre corps, de l’angoisse autour du sexe, des douleurs ou gênes, se sentir déconnectée de son partenaire et /ou rupture dans la communication. Le cannabis peut aider à aborder toutes ces inquiétudes de différentes manières. Pour quelqu’un qui est angoissé et ne peut pas déconnecter des distractions cérébrales, certains produits du cannabis peuvent l’aider à calmer son esprit et à améliorer les sensations de son corps, généralement des produits qui ont un taux plus élevé de CBD que de THC.

Pour quelqu’un qui a des douleurs lors de la pénétration comme moi, un topique appliqué 25 minutes avant de commencer la stimulation sexuelle peut augmenter le confort et le plaisir. Si quelqu’un est stressé et a besoin d’aide pour s’exciter, prendre un bain avec des sels de bain infusés, ou recevoir un massage avec des huiles infusées, peut être relaxant et l’aider à se déplacer vers un état mental plus sexuel.

J’ai aussi parlé avec plusieurs rescapés du cancer qui ont découvert que le cannabis leur est utile dans leur voyage vers la redécouverte du plaisir après le traitement : pour améliorer leurs sensations physiques et faire qu’ils se sentent à nouveau connectés avec leurs corps.

L.R: Comment tu décrirais le sexe défoncé ?

A.M: Le sexe avec le cannabis ne veut pas forcement dire que tu es défoncé. On peut utiliser des méthodes non psychoactives comme des produits qu’avec du CBD ou des produits topiques. Si les personnes utilisent des méthodes de consommation psychoactives comme fumer, vaper, les comestibles, les teintures, etc., la sensation idéale que le consommateur essaie d’atteindre est décrite comme relaxation et euphorie.

L.R: Beaucoup de femmes expérimentent quelque chose de très puissant en connaissant d’autres femmes, ce que l’on connaît comme fratrie de femmes. Est-ce que Cannasexual est un espace pour la sororité ?

A.M: Je n’ai pas encore eu de réunions spécifiquement sororiques de CannaSexual, mais j’ai présenté des ateliers dans des retraites pour femmes, comme l’Escapade de la Déesse Ganga. J’espère pouvoir faire plus de retraites à l’avenir parce que je crois que le cannabis peut être un puissant outil d’union pour les personnes de tous les genres, mais en particulier pour ceux qui s’identifient comme femmes.

Passer trois jours en mars avec 100 autres femmes, dont je venais de juste connaître la plupart – en partageant du cannabis et en parlant honnêtement et librement du sexe et de la sexualité – m’a fait sentir que je faisais partie d’une sororité (fratrie de femmes). Les "cercles de tissage" ont existé depuis des siècles. Les covens et les cercles sacrés de femmes qui travaillent avec la terre, et plusieurs énergies, ont existées depuis la nuit des temps. On dirait que le cannabis et le sexe sont une forme naturelle pour qu’un groupe de femmes aient des échangent et partagent leurs véritables vérités.

* Ici vous pouvez voir un extrait de mon atelier dans le dernier Ganja Goddess Getaway en mars 2018 à Coachella Valley, California.

L.R: Est-ce que le cannabis peut agir de façon thérapeutique sur le sexe ? Comment ?

A.M: Le cannabis peut être assez thérapeutique au sujet du sexe. Il peut diminuer la douleur, que ce soit une douleur localisée dans les parties génitales, une arthrite ou autre condition de douleur chronique qui puisse influencer négativement dans l’intimité.

On peut aussi approfondir la connexion. Dans notre monde de smartphones et rythme vertigineux, on oublie parfois d’éteindre les dispositifs électroniques et d’être plus présents avec nos partenaires. J’ai découvert que fumer un peu m’aide à me connecter profondément avec mon partenaire, ce qui m’amène à avoir plus de regards, de tendresse et d’affection. Ça m’aide à réduire la vitesse. J’ai écouté des témoignages du même genre de beaucoup de personnes dans mes ateliers. Ça aide aussi à découvrir de nouvelles zones érogènes, pour sortir de la routine sexuelle dans laquelle beaucoup se trouvent enfermés.

L.R: Qu’est ce que c’est que d’être cannasexual? 

A.M: CannaSexual est une approche à la combinaison de sexe et cannabis, qui donne priorité à une attention pleine, au consentement et à l’ajustement de l’intention. Il ne s’agit pas seulement de se droguer et de tirer un coup, il s’agit de choisir consciemment les produits et les meilleures variétés pour ton corps en fonction de la situation. Cannasexual est une philosophie.  

L.R: Tu crois que c’est important de faire son « coming out » du cannabis ?

A.M: Oui, je crois que c’est important car cela aide à normaliser la plante et à rompre avec les stéréotypes de la défonce. D’un autre côté, c’est encore un privilège d’avoir fait son « coming out » dans la consommation de cannabis, à cause du racisme systématique dans le système judiciaire des États-Unis. Ce n’est pas aussi sûr pour les personnes de couleur de reconnaître publiquement leur consommation de cannabis car c’est plus probable qu’elles soient punies pour ça. Dans ce cas-là, il revient aux personnes avec privilèges (en particulier les blancs) d’assumer la responsabilité de créer une conscience sur le cannabis et de se battre contre les injustices, mais il est vital de le faire sans effacer les expériences et les difficultés des personnes de couleur.

Kannabia Seeds Company sells to its customers a product collection, a souvenir. We cannot and we shall not give growing advice since our product is not intended for this purpose.

Kannabia accept no responsibility for any illegal use made by third parties of information published. The cultivation of cannabis for personal consumption is an activity subject to legal restrictions that vary from state to state. We recommend consultation of the legislation in force in your country of residence to avoid participation in any illegal activity.

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