Quels sont les pays européens les plus favorables à la légalisation du cannabis ?

Quels sont les pays européens les plus favorables à la légalisation du cannabis ?

Pour: Daniel C. Médical

Selon un récent sondage, 55% des Européens sont favorables à la légalisation du cannabis. La plupart d’entre eux se déclarent, par ailleurs en faveur de l’autoproduction et de la vente en boutiques réglementées. C’est avec un soutien populaire similaire qu’en 2012, le Colorado et Washington optèrent pour la légalisation, marquant le début d’un large mouvement aux États-Unis.

Ce sondage a été réalisé par l’institut américain Hanway Associates, spécialisé dans les problématiques liées à la marijuana. Ses résultats indiquent on ne peut plus clairement que l’expansion constante du marché du cannabis médical et l’explosion de celui du CBD ont permis de modifier en profondeur la perception qu’avaient de cette plante les européens après des décennies d’opposition.

Ce mouvement vers une plus grande tolérance constitue un excellent signal pour tous les entrepreneurs et investisseurs qui observent le marché européen avec appétit. Il faut dire que le potentiel est énorme. Un élément parmi tant d’autres : 30% des citoyens européens envisageraient de s’essayer au cannabis s’il était légal. L’Europe renferme donc plus de 120 millions de consommateurs potentiels.

Dans le détail, le sondage – réalisé auprès de personnes âgées de plus de 18 ans entre le 24 février et le 14 mars – a révélé que 55% des adultes européens sont favorables à la légalisation du cannabis, tandis qu’ils sont 25% à y être opposés et 20% à ne pas exprimer d’opinion. Parmi les personnes désirant une légalisation, 81% souhaitent voir le cannabis vendu dans des boutiques réglementées par le gouvernement, 62% préfèrent l’autoproduction et 56% s’expriment en faveur de cannabis social clubs.

Les disparités entre les différents pays européens

Le sondage montre des disparités importantes entre les divers pays, lesquels expriment des désirs différents concernant le statut légal de la marijuana et les modalités d’organisation d’un éventuel marché du cannabis légal.

L’Italie et le Portugal sont les plus favorables à la légalisation avec respectivement 60% et 59% de personnes s’y déclarant favorables à la vente régulée par le gouvernement et ce, malgré l’absence de réforme majeure sur la question dans ces deux pays.

En revanche, les habitants des Pays-Bas sont, de manière surprenante, les moins favorables au cannabis. Seuls 47% des Néerlandais se prononcent en effet en faveur de la vente régulée du cannabis, malgré les fameux « coffee shops » qui pullulent dans le pays. C’est le pourcentage le plus bas parmi les huit pays envisagés dans le sondage. En outre, seuls 20% des Néerlandais verraient d’un bon œil l’installation dans leur quartier d’une boutique vendant du cannabis.

Pourquoi si peu de Néerlandais soutiennent-ils la vente régulée du cannabis ? La réponse est en partie à chercher dans les « coffee shops » eux-mêmes. Ces institutions attirent, en effet, une foule de touristes qui ne se comportent pas toujours de manière adéquate.

L’Espagne fait d’ailleurs office de contre-exemple intéressant. Le pays de Cervantes entretient une relation de longue date avec le cannabis au travers de ses cannabis social clubs et de la pratique très répandue de l’autoproduction. Mais, là où cette relation étroite est vécue négativement aux Pays-Bas, elle suscite l’enthousiasme dans la Péninsule ibérique où le soutien au cannabis légal est important. Cette situation s’explique peut-être par la concentration des cannabis clubs dans des zones restreintes, comme Barcelone. Mais l’explication de cette situation doit aussi être cherchée dans la structure même de ces clubs qui sont plus discrets et plus difficiles d’accès que les « coffee shops » hollandais. Il est, par exemple, souvent nécessaire d’être recommandé par un membre pour y avoir accès.

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Quel type de marché veulent les Européens ?

Bien que les divers pays européens aient beaucoup de choses en commun, ils sont différents et dotés d’une histoire, de structures politiques et de cultures distinctes, autant d’éléments qui influencent fortement l’opinion publique, notamment sur la question de la légalisation du cannabis. Par exemple :

• La vente en boutiques contrôlées par le gouvernement constitue, de loin, le mode de légalisation du cannabis le plus populaire (et le moins controversé) parmi les Européens, tandis que l’autoproduction est l’option qui suscite la plus forte opposition.

• Les cannabis clubs sont ainsi généralement préférés à l’autoproduction. Ils pourraient donc faire office de modèle de « compromis » sur certains marchés.

• La préférence pour les boutiques régulées est une constante dans tous les pays envisagés dans le sondage, avec un appui maximum en Espagne (58%), pays qui, par ailleurs, est celui qui soutient le plus vigoureusement les cannabis clubs (42%).

• Au contraire, les Pays-Bas voient les boutiques d’un plutôt mauvais œil (seuls 38% y sont favorables).

En général, les réserves à l’égard de l’autoproduction reflètent une volonté de discrétion des pratiques liées au cannabis, le grand public se montrant souvent inquiet à l’idée de se retrouver exposé à la consommation des autres. Ce sentiment est particulièrement prégnant au Royaume-Unis et en France. Ce sentiment généralisé explique aussi en partie l’opposition de la population aux publicités pour le cannabis et à sa consommation dans les lieux publics.

L’Allemagne sous le feu des projecteurs

Selon le sondage, les profondes évolutions de l’opinion publique sont vues comme des opportunités dans le secteur, lequel attend donc des gouvernements qu’ils suivent les désirs exprimés par leurs administrés et qu’ils se lancent dans des réformes plus profondes que la seule autorisation du cannabis médical. On s’attend ainsi à une régularisation du cannabis à usage récréatif, une décision qui générerait des milliards d’euros de recettes fiscales.

Les projets pilotes de ce genre menés en Suisse, aux Pays-Bas et au Danemark améliorent d’ailleurs l’opinion qu’a le grand public du cannabis. La France, de son côté, a autorisé la production de cannabis médical cette année, après un projet pilote mené en 2021, donnant accès à des milliers de patients à des produits gratuits, tout en permettant d’évaluer les données cliniques issues de ces traitements. Au Danemark, le parlement a voté à la quasi-unanimité la prolongation de projets pilotes qui avaient rencontré un vif succès ces dernières années. Au début de cette année, l’Irlande a, elle aussi, lancé un projet de ce type, tandis que le Luxembourg procèdera bientôt à une première évaluation du sien.

Mais c’est l’Allemagne qui attire tous les regards pour le moment, puisque le gouvernement de coalition qui y est au pouvoir depuis peu a promis d’y légaliser le cannabis. Hélas, aucun calendrier précis n’a encore été annoncé.

Selon un rapport rédigé par Prohibition Partners consacré à cette question, il est probable que les premières ventes de cannabis à usage récréatif légal soient le fait de la Suisse vers la fin de l’année 2022. Le même document prévoit que les ventes de cannabis atteindront 1.500 millions d’euros d’ici 2026. Bien évidemment, la réalisation de ces prévisions nécessite des avancées rapides et la mise en œuvre complète de la légalisation en Allemagne.

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Toutes les données pointent dans la même direction

D’après les données recueillies par Hanway Associates et Prohibition Partners, les Européens se montrent toujours plus disposés à légaliser le cannabis. Cette acceptation généralisée de la plante n’est en rien surprenante. En effet, le Vieux Continent regarde avec appétit ce secteur se développer toujours plus profondément aux États-Unis et générer toujours plus d’argent. L’épidémie de coronavirus a d’ailleurs boosté ce secteur, faisant monter en flèche la consommation de cannabis.

De plus, nombre de pays européens ont déjà légalisé le cannabis à des fins médicales spécifiques, tandis que d’autres en ont dépénalisé l’usage thérapeutique général. D’autres enfin, comme la France, étudient ces deux options au moment même, au travers de projets pilotes.

Ainsi, le cannabis n’est pas perçu en Europe uniquement comme une opportunité économique. C’est aussi un sujet dont les décideurs politiques doivent débattre. Avec plus de la moitié de la population européenne se déclarant favorable à la légalisation de notre plante préférée, il ne leur est plus possible d’éluder le débat.

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